club cyclo Laragnais

Quelques récits de randonnées ou de voyages à vélo


Il y a presque autant de façons de faire du cyclotourisme qu'il y a de pratiquants...Arriver à faire vivre un club de cyclotourisme en bonne intelligence est toujours un petit exploit! Les goûts, les objectifs sont différents, les comportements aussi...Heureusement l'amitié aplanit beaucoup de difficultés. Respectons la pratique des autres...

Il existe un certain nombre d'associations ou de confréries qui rassemblent les cyclos selon leur gouts ou leurs objectifs. Les moteurs de recherche d'internet permettent de les trouver assez facilement. Nous pouvons cependant en citer quelques unes:

Brevet International de Grimpeur challenge des 1000 ascensions d'Europe. http://danielgobert.free.fr
Club des "Cinglés du Ventoux" "Cinglé": ascension le même jour par les trois faces.
"Galérien": ascension supplémentaire  par la route forestière.
http://www.clubcinglesventoux.
Club des "Fêlés du Grand Colombier" 2, 3 ou 4 ascensions le même jour par des routes différentes. http://www.felesdugrandcolombier.fr
Club des "Barons du Soulor" 3 ascensions le même jour par 3 routes différentes. http://baronsdusoulor.monsite.wanadoo.fr
Club des "Cent cols" Grimper au moins cent cols homologués http://www.centcols.org

Voici quelques récits de randonnées ou de voyages.

Traversée de l'Amérique du Nord en cyclo-camping.

Cinglé du Ventoux.

Traversée de l'Amérique du Nord en cyclo-camping


Notre collègue Jean-Claude de Mison est parti plusieurs fois à l'aventure dans les années 70. Il a visité à vélo de nombreux pays, entre autres Maroc, Algérie, Tunisie, raid Marseille-Les Balkans, Angleterre, Ecosse, Irlande, etc... En 1974, avec un ami, il est allé de Montréal à Mexico, avec en prime la montée d'une partie du Popocatepelt. Cinq mois de voyage, 11000 km, avec 25 kg de bagages...pendant 1000km. Il a bien fallu alléger les vélos de tout le "superflu", soit 10 kg. Plutôt que d'essayer de résumer en quelques lignes une telle aventure, nous avons pris le parti de reproduire quelques pages manuscrites de son livre de bord, illustrées par quelques diapos.

photo immensité photo Rocheuses photo vallée de la mort

 

 

 

Après 1000km, et avant la traversée des Montagnes Rocheuses, il est question du poids des bagages...
photo panneau routier photo parc Yellowstone
...Au coeur de la nature...Rencontre avec d'autres cyclos...
...La neige au petit matin...Les geysers...
...Problèmes de dimensions standard...
...Le début de l'ascension du Popocatépelt...
...Les cyclistes continuent à pied...

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Une journée de « Galérien » du Ventoux .

Depuis quelques années, il existe la confrérie des « Cinglés du Ventoux », animée par un amoureux du Ventoux, Christian Pic qui réside à Sorbiers dans la Loire. On peut consulter son site (voir dans la rubrique « liens »).
Pour faire partie de la confrérie, il faut monter le Ventoux par les trois routes bien connues, au départ de Bédoin, Malaucène et Sault, dans la même journée. Les ascensions sont validées de façon classique grâce à une carte de route fournie par l’organisateur.
Pour faire encore plus dur, et pour satisfaire ceux qui n’en ont jamais assez, on a inventé, au sein de la confrérie, le qualificatif de « Galérien ». Il s’agit, pour mériter ce titre de gravir le Ventoux par les trois routes classiques et d’y ajouter l’ascension par la route forestière.
Cette route forestière démarre sur la route qui va de Bédoin au sommet, 2km environ après Saint-Estève, sur la gauche (altitude : 781m). Elle contourne le massif pour rejoindre la route qui part de Malaucène, au dessus de la station du Mont-Serein (altitude : 1526m). Cette RF est en très mauvais état, le revêtement goudronné ayant été raviné et emporté par les intempéries, les véhicules 4x4, etc… Les risques de crevaison sont importants, surtout avec un vélo de route. D’ailleurs l’organisateur recommande d’utiliser un VTT pour cette ascension. Pour ma part, j’ai eu deux crevaisons, par coupure du pneu arrière lors de ma tentative de 2005.
Mon but dans le récit de ma journée du 30 septembre 2006 est de faire part de mon expérience pour réussir ce genre d’épreuve. En effet, monter quatre fois le Ventoux au cours de la même journée n’est pas un exploit, mais cela demande une préparation sérieuse, y compris sur le plan mental. Il faut aussi gérer les ravitaillements, le mauvais temps ou la chaleur en été. Et s’astreindre à monter à une allure réduite par rapport à ce que l’on fait pour une ascension unique. Au final, il y a quand même 180 km et 6000 m de dénivelée, soit près de 8 heures d’ascension.
Ordre des ascensions (au choix du candidat) :
L’idéal serait de commencer par la piste forestière, mais si on part de bonne heure, la luminosité n’est pas suffisante et le risque de crevaison ou de passage dans des trous est augmenté. J’ai donc choisi Bédoin, puis route forestière, puis Malaucène, enfin Sault.

Ma journée du 30 septembre 2006 :

En général je choisis septembre, pour ne plus avoir la trop forte chaleur de l’après-midi. La prévision météo était correcte sans plus (pas de fort mistral, pas de pluie, pas de risque de gelée). J’ai couché sur place, à Bédoin, pour partir au lever du jour.

Première ascension : Bédoin-Ventoux.

Le temps est moins beau que prévu…je pars à 6h50 . Pas de cyclistes et très peu de circulation. Dès le virage de Saint-Estève, je mets mon plus petit braquet, 30x25. Il permet de monter assis sans trop « mouliner » mais sans trop forcer, d’autant que j’ai adopté un rythme de 800m/heure, soit deux heures pour les 1600m de dénivelée. Pour une seule ascension, je suis plutôt à 900m/h, soit 1h45 au total. L’altitude indiquée sur les bornes kilométriques est commode pour ajuster son rythme de montée. J’utilise aussi le cardio-fréquencemètre et je me cale à 15 à 20 pulsations en dessous de mon maximum théorique.
Arrivée au sommet à 8h52, soit 2h02. Au sommet, il y a du brouillard très épais, un petit vent pas chaud…J’enfile donc un coupe-vent pour redescendre sans perdre de temps. Jusqu’au Chalet Reynard, descente gênée par le manque de visibilité ! Pas question d’aller vite. Le reste de la descente se fait bien, d’autant que le revêtement est parfait. Il faut juste faire attention aux cyclistes qui montent et qui souvent sont un peu au milieu de la chaussée.

Deuxième ascension : Bédoin-Ventoux par la route forestière.

A Bédoin, je refais le plein d’eau et je me ravitaille avec mes provisions laissées dans la voiture. Je repars à 9h30. Il faut gérer l’effort, s’économiser. Après St-Estève, la pente est de l’ordre de 10%, puis c’est l’embranchement à gauche pour la route forestière. La route est en mauvais état, mais praticable, même avec mon vélo de route. Il faut regarder où l’on pose ses roues pour éviter les trous. Il faut rester assis le plus souvent pour garder de l’adhérence dans les parties où il y a beaucoup de gravillons. Il y a quelques panneaux de direction pour les randonneurs pédestres qui indiquent l’altitude. Vue la vitesse de montée, j’ai le temps de lire en passant.
Il y a une intersection de pistes à 1423m. C’est bon signe, plus que 100m de dénivelée sur la route forestière, et la chaussée est en meilleur état. Et je ne souffre pas de la chaleur. Voici enfin l’enrobé parfait de la route de Malaucène. J’ai évité les crevaisons. Je garde le même rythme cardiaque, mais j’avance plus vite que sur la piste ! Les 2 derniers kilomètres sont à fort pourcentage, et avec ce brouillard on ne voit pas l’observatoire. Heureusement, je connais la route par cœur. Il reste à passer le col, mais il y a peu de monde, à cause du brouillard pénétrant. Il n’y a même pas les marchands de bonbons et de « charcuterie de montagne » pour touristes. J’arrive à 11h44. Il m’a fallu 2h14. Descente prudente jusqu’au Mont-Serein, puis plus rapide : 80 km/h dans la grande ligne droite, mais je sais que certains atteignent 100 km/h !
J’arrive à Malaucène vers 12h15. Je vais dans mon restaurant habituel pour ce genre d’épreuve. Au menu une belle assiette de pâtes aux morilles et un demi pression (déconseillé depuis par mon médecin : on voit bien qu’il ne fait pas de vélo…), une grande carafe d’eau également. Je prends mon temps pour manger. Mon tableau de marche est respecté. Il s’agit maintenant de tenir. Pas de risque d’avoir trop chaud avec cette météo médiocre.

Troisième ascension : Malaucène-Ventoux.

Je repars à 13h11 en me ménageant. Cette montée est à priori moins dure que celle de Bédoin. De temps en temps un petit replat permet de récupérer, mais il y a aussi des pentes moyennes de 11%. Il faut essayer de garder le rythme en guettant la fatigue. Le risque est de ne pas s’hydrater suffisamment. Quand on se force à boire, c’est mauvais signe : le corps refuse et il ne reste que l’abandon, plus ou moins proche. Comme la voiture est à Bédoin, il faut au moins réussir la troisième ascension. J’ai déjà abandonné deux fois, j’ai donc l’expérience. Cette fois, mon entraînement est meilleur (11000km) et je monte sans m’épuiser. Pas question d’essayer de suivre un cycliste qui vient de me doubler. Sans trop me poser de questions j’arrive au Ventoux, toujours dans le brouillard. Il est 15h17, donc 2h06 pour monter. Je pointe au magasin de souvenirs (un seul tampon suffit pour le sommet). Pour la descente le coupe-vent est un peu juste et il faut descendre à 15km/h tant le brouillard est dense. Après le chalet Reynard, il faut pédaler sur le long faux plat de 5km, puis c’est une descente un peu plus roulante. Je tire un gros braquet pour arriver à Sault. Il faut quand même avaler la petite remontée sur Sault. Au fond de la place, le bar me sert un sandwich et une grande eau gazeuse. Tout passe bien, c’est bon signe.

Quatrième ascension : Sault-Ventoux.

Je repars à 16h25. Sauf incident, cela devrait aller. Jusqu’au Chalet Reynard, il n’y a pas de difficultés, pas de vent aujourd’hui. La montée se passe bien, je peux m’hydrater, me ravitailler. Et je profite des 5km de faux plat avant le Chalet Reynard, pour me décontracter.
Maintenant, il reste 6km et je ne vais pas abandonner. Les derniers km sont assez éprouvants, mais il faut tenir. Il fait froid, la route est mouillée par un crachin désagréable. Voilà enfin le mémorial de Tom Simpson, puis le col des tempêtes et la rampe d’arrivée. Il est 18h20. J’ai donc mis 1h55 depuis Sault. Et j’ai le temps de redescendre sur Bédoin dans la pénombre. Le 30 septembre les jours sont juste assez longs pour tout faire de jour.
Voilà, j’ai réussi mon 3ème « galérien » dans de bonnes conditions pour moi. J’aurais juste apprécié une météo un peu plus clémente… René Foucher, foucher.rene@orange.fr

photo vélo 

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